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Homesitting et retraite active : voyager autrement après 60 ans

21/09/2026 · 12 min de lecture

Couple de seniors accroupi en forêt auprès d'un berger allemand

Sur l'ensemble des Français, 36 % des nuits passées en voyage se concentrent sur deux mois, juillet et août. Les retraités font exception : d'après l'Insee, ces deux mois ne pèsent que 27 % des leurs. Les dix autres mois leur appartiennent. Ce décalage de calendrier, qu'on prend souvent pour un détail, est ce qui fait des retraités des homesitters à part. Non parce qu'ils auraient plus de temps libre que les autres, mais parce que leur calendrier est décalé : ils partent quand les autres restent, et ils restent partis plus longtemps.

Cet article s'adresse à vous si vous avez passé la soixantaine, si vous aimez les animaux et les maisons qui ont une histoire, et si l'idée de garder les uns et les autres pendant qu'un propriétaire voyage vous intrigue sans vous convaincre tout à fait. Il dit ce que le homesitting vous donne, et ce qu'il vous demande.

Le calendrier des retraités n'est pas celui des autres

En juillet et en août, les employés et les ouvriers passent près de la moitié de leurs nuits de voyage : 42 % et 45 %. Les cadres, 38 %. Les retraités, eux, n'y passent que 27 % des leurs. Ce sont eux qui partent le plus hors saison. Ces chiffres, comme ceux des deux paragraphes qui suivent, viennent de l'étude de l'Insee « Quels sont les Français qui voyagent ? », parue en octobre 2023 et portant sur l'année 2022.

Graphique en barres : part des nuits de voyage prises en juillet et août, par catégorie. Ouvrier 45 %, employé 42 %, profession intermédiaire 42 %, cadre 38 %, autre inactif 38 %, indépendant 34 %, retraité 27 %. Moyenne de l'ensemble : 36 %.
Les deux mois où tout le monde part sont ceux qui pèsent le moins lourd dans les voyages des retraités.

L'autre écart est la durée. Un retraité passe en moyenne 23 nuits par an en voyage, contre 15 pour un employé et 11 pour un ouvrier. Seuls les cadres font davantage, avec 26 nuits. Ces moyennes comptent ceux qui ne sont pas partis du tout : si on ne regarde que les retraités partis dans l'année, la leur monte à 31 nuits.

L'étude dit une chose moins flatteuse, et il vaut mieux la lire en entier. Les retraités partent un peu moins souvent que les autres : 74 % d'entre eux ont fait au moins un voyage d'une nuit dans l'année, quand quatre adultes sur cinq l'ont fait en moyenne. Et, toutes catégories confondues, la proportion baisse avec l'âge : 79 % entre 65 et 74 ans, 64 % à partir de 75 ans.

Voilà le portrait, sans retouche : vous n'êtes pas les voyageurs les plus nombreux, vous êtes ceux qui partent hors des deux mois où tout le monde part, et qui restent partis plus longtemps que presque tout le monde. Ce sont deux traits qu'un propriétaire a de bonnes raisons de chercher, et la suite explique pourquoi.

Pourquoi ce décalage compte pour un propriétaire

Le homesitting fonctionne sur des dates. Le propriétaire publie une annonce avec son séjour, ses animaux et sa maison, et le gardien candidate s'il peut être là du premier au dernier jour. Notre page comment ça marche détaille ce parcours. Ce qui compte ici, c'est que le calendrier est fixé par celui qui part, pas par celui qui garde.

Prenez un propriétaire qui s'absente trois semaines en octobre. Un employé qui voudrait garder sa maison dispose, d'après l'Insee, de 15 nuits de voyage par an en moyenne, et il concentre près de la moitié de ses voyages en été : on comprend qu'il lui reste peu de marge pour un mois d'octobre. Un retraité, lui, a passé l'été chez lui ou avec ses petits-enfants, et octobre est exactement le moment où il pense à partir. La rencontre n'a rien de miraculeux, c'est une question de calendrier. C'est aussi pour cela que notre page dédiée aux retraités et seniors compte la disponibilité hors saison scolaire, et sur de longues durées, parmi les atouts du profil.

Annie, qui a connu PartirTranquille en 2019 par un ami, raconte :

« Avec mon ami, nous avons été enchantés par le programme. Quelle occasion de pouvoir faire profiter quelqu'un en s'occupant de ses animaux et de sa maison, et pour nous également de découvrir un monde nouveau (gens, animaux, régions). Nous avons alterné courts, moyens ou longs séjours, les longs réservés aux endroits plus éloignés, mais tous nous ont ravis. Jusqu'à présent, beaucoup plus disponibles durant dix mois de l'année, excepté les deux mois d'été pour les petits-enfants, ce qui changera bientôt d'ailleurs […]. »

Annie, Nouvelle-Aquitaine

Annie assise au sol, deux cavaliers king charles sur les genoux, devant une baie vitrée ouverte sur un jardin
Annie, avec deux cavaliers king charles sur les genoux.

Dix mois sur douze : Annie décrit, sans le savoir, la figure 3 de l'Insee. Les deux mois qu'elle réserve à ses petits-enfants sont ceux où, d'après les mêmes chiffres, les employés et les ouvriers prennent près de la moitié de leurs voyages ; les dix autres sont ceux où sa candidature a le moins de concurrence à craindre de leur part.

Les longues gardes, celles qui font hésiter les actifs

Graphique en barres : nombre moyen de nuits de voyage par an, par catégorie. Cadre 26, retraité 23, profession intermédiaire 21, autre inactif 17, employé 15, indépendant 13, ouvrier 11. Moyenne de l'ensemble : 19.
Une moyenne qui compte aussi ceux qui ne sont pas partis : chez les retraités partis dans l'année, elle monte à 31 nuits.

Un séjour de trois semaines ou d'un mois n'est pas un problème pour un propriétaire : c'est son voyage, et c'est pour ces semaines-là qu'il publie une annonce. C'est en revanche un obstacle pour un candidat qui travaille : il faut pouvoir poser ces semaines, quitter son logement, s'installer ailleurs pour de bon. Les 31 nuits par an que l'Insee relève chez les retraités partis en voyage rendent un tel séjour moins exceptionnel qu'il n'y paraît.

Il existe un autre profil qui reste longtemps : celui des actifs en télétravail, à qui nous avons consacré un article sur le house sitting en télétravail. La différence est simple. Un télétravailleur passe ses journées devant un écran, et la maison vit autour de lui. Un retraité est là pour la maison. Il sort le chien à onze heures parce qu'il fait beau, il est présent quand le voisin passe, il ferme les volets à l'heure où le propriétaire les fermait. Ce n'est pas une compétence, c'est une présence, celle que notre page seniors décrit comme souvent plus constante que celle de jeunes actifs qui visitent la région toute la journée.

Ces annonces-là, celles des maisons de l'arrière-pays avec un jardin, un chien et parfois quelques poules, sont décrites dans notre article sur le homesitting en Nouvelle-Aquitaine. Ce sont des gardes de plusieurs semaines, dans des communes où l'on ne vient pas pour visiter mais pour habiter un moment. Pour un actif, c'est un pari. Pour un retraité dont le calendrier le permet, c'est le séjour même.

Ce que le homesitting vous demande vraiment

Il n'y a pas d'âge limite pour devenir homesitter. La question est posée sur notre page dédiée, et la réponse est la suivante : « Aucune. Tant que vous êtes en bonne forme physique pour vous occuper des animaux et assurer la garde de la maison demandée, vous êtes les bienvenus, que vous ayez 60 ou 80 ans. » La phrase à retenir n'est pas l'âge, c'est « la garde de la maison demandée ». Chaque annonce a ses exigences, et c'est à vous de les lire honnêtement.

La forme physique se mesure à l'annonce, pas au miroir. Un chien de trente kilos qui tire en laisse, deux sorties par jour par tous les temps, un jardin à arroser en septembre, une maison sur trois niveaux avec les courses à monter : rien de cela ne demande d'être athlète, mais tout cela se fait chaque jour, sans relâche, pendant toute la durée du séjour. Une garde avec plusieurs animaux ajoute des repas à heure fixe et une organisation que nous avons décrite dans un article dédié. Lisez l'annonce comme une journée type, et demandez-vous si vous la tiendriez au vingtième jour comme au premier.

La voiture, en zone rurale, n'est pas un confort. Notre article sur la Nouvelle-Aquitaine le dit en une phrase : c'est un outil de travail, parce que les commerces et le vétérinaire sont à quelques kilomètres, pas au coin de la rue. Si vous ne conduisez plus, ou si vous préférez ne plus faire de longs trajets, cela ne vous ferme pas le homesitting : cela vous oriente vers les annonces de bourgs et de villes où tout se fait à pied, et cela se dit au propriétaire dès la candidature.

Un accès à internet est nécessaire. Les annonces se consultent sur le site, les candidatures s'y envoient, les messages avec le propriétaire y passent. Une tablette ou un smartphone suffisent, c'est ce que précise notre page seniors, et il n'y a rien à installer. Si les écrans vous rebutent, faites-vous accompagner par un proche pour les premières étapes : le profil, la première candidature. Ensuite, ce sont des messages, comme ceux que vous échangez déjà.

Le rythme de la maison passe devant le vôtre. C'est la contrainte dont on parle le moins, parce qu'elle ne se voit pas dans l'annonce. Un chat qui mange à sept heures mange à sept heures, y compris le dimanche. Une journée entière d'excursion suppose d'avoir prévu les sorties du chien. Ce n'est pas une vie d'hôtel, c'est une vie de maison, et c'est justement ce qu'on vient chercher en homesitting. Mais il faut le savoir avant, pas le découvrir le troisième jour.

Ce que le homesitting vous donne

Des maisons plutôt que des chambres. C'est le premier changement, et il est concret : une cuisine où l'on prépare ses repas, et un village que l'on apprend à connaître parce qu'on y fait ses courses. L'hébergement est compris dans l'abonnement, 0 € entre membres, et l'abonnement lui-même commence à 79 € par an. Vos frais réels sont le transport et vos courses sur place.

Des saisons que les autres ne voient pas. Près des trois quarts de vos nuits de voyage tombent hors de juillet et août ; c'est dans ces mois-là que vous découvrirez la Bretagne en octobre ou le Lot en septembre, quand les marchés sont ceux des habitants et non ceux des vacanciers. Ce n'est pas une promesse, c'est le calendrier que l'Insee décrit déjà chez les retraités qui voyagent.

Des animaux, sans en avoir. Après une vie avec des chiens ou des chats, on renonce parfois à en reprendre, parce qu'on voyage ou parce qu'un chiot engage pour des années. Le homesitting permet de retrouver un animal le temps d'un séjour, dans sa maison à lui, avec ses habitudes. C'est l'esprit de notre page vacances seniors chez l'habitant, et c'est ce que raconte cette homesitter :

« Nous sommes un couple de retraités hyper actifs et en plus de nos voyages habituels, nous souhaitions parcourir la France et câliner des animaux que nous adorons, et que malheureusement nous ne pouvons plus avoir à la maison […]. Nous avons trouvé un équilibre parfait, nous nous sommes fait de nouveaux amis, à chaque fois les relations ont été très cordiales avec les propriétaires et les échanges avec les animaux, adorables. Nous comptons bien continuer à explorer de nouvelles régions et faire de nouvelles rencontres […]. »

Colette, Auvergne-Rhône-Alpes (le prénom a été modifié à sa demande)

Et des petits-enfants, si vous le souhaitez. Partir avec eux est possible, à une condition posée sur notre page seniors : le préciser au propriétaire. Le plus simple est de le faire dès la candidature. Une grande maison de campagne avec un chien, pendant les vacances de la Toussaint, est une autre façon d'offrir des vacances à ses petits-enfants.

Questions fréquentes

Il faut celle que demande la garde, et elle se lit dans l'annonce. Notre page dédiée aux retraités et seniors le formule ainsi : vous êtes les bienvenus « tant que vous êtes en bonne forme physique pour vous occuper des animaux et assurer la garde de la maison demandée », que vous ayez 60 ou 80 ans. Concrètement, regardez le poids et l'âge du chien, le nombre de sorties par jour, la taille du jardin et les étages de la maison. Une garde d'un chat en appartement et une garde de deux grands chiens dans une longère ne demandent pas la même chose, et l'une comme l'autre existent.

Non, mais il faut un accès à internet : une tablette ou un smartphone suffisent pour consulter les annonces et répondre aux messages. C'est la réponse que donne notre page seniors. Si vous n'êtes pas à l'aise, demandez à un proche de vous accompagner pour créer votre profil et envoyer votre première candidature. La suite ressemble à une messagerie ordinaire.

Cela dépend de la maison. En zone rurale, elle est nécessaire : les courses et le vétérinaire sont à plusieurs kilomètres, et une annonce de campagne suppose en général que vous soyez motorisé. En ville ou dans un bourg bien desservi, on peut s'en passer. Le bon réflexe est de vérifier la desserte de la commune avant de candidater et d'en parler au propriétaire, plutôt que de le découvrir sur place.

Oui, à condition de le préciser au propriétaire, et le plus simple est de le faire dès la candidature : c'est lui qui sait si sa maison et ses animaux s'y prêtent. Notre page seniors le rappelle, beaucoup de maisons sont grandes, et une garde pendant les vacances scolaires peut devenir des vacances pour toute la famille. Ce qui ne change pas, c'est que la garde reste la vôtre : les animaux, les horaires et la maison restent sous votre responsabilité, pas sous celle des enfants.

Partir quand les autres rentrent

Le homesitting ne demande ni d'être jeune ni d'être libre en plein été. Il demande d'être là, dans une maison, pour ses animaux, pendant les semaines où son propriétaire n'y est pas. Ce sont les semaines que vous avez, et l'Insee montre que les retraités qui partent les prennent déjà. La différence est qu'au lieu d'une chambre, un propriétaire vous confie sa maison.

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